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Manifestation des motards : des centaines de bikers s’unissent pour protester contre le contrôle technique et les ZFE à Strasbourg le 27 septembre

À Strasbourg, le 27 septembre s’annonce électrique. Des centaines de motards convergeront dans la métropole pour défiler contre deux mesures qu’ils jugent absurdes : l’obligation du contrôle technique pour les deux-roues et la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE). Cette mobilisation, loin d’être isolée, reflète une tension généralisée entre les autorités et les usagers de la route, toujours plus nombreux à remettre en question les restrictions décrétées au nom de la sécurité ou de l’environnement. Alors que le contrôle technique est devenu obligatoire depuis avril 2024, et que les ZFE, bien qu’annulées en première lecture à l’Assemblée, restent une menace latente, les motards ne comptent pas lâcher prise. Ils prévoient un défilé dans tout le périmètre de l’Eurométropole, aidés par plusieurs associations d’automobilistes qui, eux aussi, trouvent ces mesures insupportables.

Contrôle technique moto : une contrainte injustifiée et coûteuse pour les motards en colère à Strasbourg

Depuis avril 2024, le contrôle technique est obligatoire pour les deux-roues motorisés, une mesure destinée à renforcer la sécurité routière. Pourtant, les motards manifestent leur mécontentement avec virulence. Selon eux, ce dispositif s’apparente davantage à une taxe déguisée qu’à une véritable amélioration de la sécurité. Michel Esselin, coordinateur de la Fédération des motards en colère du Bas-Rhin, rappelle que 91 % des motos qui passent le contrôle sont déclarées conformes dès le premier passage. Les rares contre-visites concernent essentiellement des dépassements des normes pollution, et beaucoup moins des défauts de sécurité.

Imaginez un passionné qui bichonne sa moto année après année, investi dans son entretien. Doit-il vraiment subir une nouvelle charge financière, allant jusqu’à 100 euros à chaque contrôle ? Un montant jugé exorbitant pour un bénéfice contesté. Cette pression financière rappelle d’autres mouvements similaires, notamment à Nancy, où plus de 40 000 citoyens se sont mobilisés pour abolir ce contrôle technique pour motos et scooters. L’absurdité de cette mesure est d’autant plus flagrante que, sur plusieurs sites spécialisés, on peut lire que le contrôle technique n’a que peu d’impact sur la sécurité routière réelle. Pour en comprendre la portée, il suffit de consulter des ressources telles que cette mobilisation exemplaire.

Ce mécontentement se cristallise dans l’organisation de rassemblements et défilés, comme celui prévu dans l’Eurométropole de Strasbourg. Les motards ne se positionnent plus seulement contre le contrôle technique ; ils réclament son abandon pur et simple. Non seulement ils souffrent de cette mesure, mais ils la jugent aussi inefficace pour satisfaire les objectifs nattendus, notamment en matière de pollution, où des contrôles plus ciblés seraient logiquement plus pertinents.

Zones à faibles émissions (ZFE) : une guerre d’usure politique qui embrase les motards à Strasbourg

Le combat des motards ne s’arrête pas au contrôle technique. Leur cible principale, c’est ce qui s’apparente à une punition insidieuse : les Zones à Faibles Émissions. Les ZFE ont été conçues comme des espaces permettant de réduire la pollution dans les centres-villes en interdisant progressivement certains véhicules, dont les motos, accusées à tort d’être un fléau environnemental. Mais à Strasbourg, comme ailleurs, leurs effets sont rejetés avec véhémence par ceux qui vivent sur leur deux-roues. La première lecture à l’Assemblée nationale en juin 2025 a permis de voter la suppression des ZFE, mais cela reste précaire. Un examen plus exhaustif du projet de loi, avec tous ses amendements, approche, et la Fédération des motards en colère redoute un retour de bâton.

Michel Esselin insiste particulièrement sur cette ambiguïté : « Les ZFE sont une partie d’un projet législatif plus large, pas un simple gadget. Nous sommes sur un terrain mouvant où notre combat ne doit jamais faiblir. » Les motards souhaitent donc que ces zones excluent, à l’instar de villes telles que Montpellier, Reims ou Nice, les deux-roues motorisés. Ces métropoles perçoivent le deux-roues comme un moyen efficace de fluidifier la circulation en ville, plutôt que comme un élément polluant.

Car contrairement à ce que laissent entendre leurs détracteurs, les motos modernes ne roulent pas au diesel, une des principales causes de pollution urbaine et de particules fines. Servant à gagner du temps et à désengorger le trafic, les deux-roues devraient naturellement être tolérés, au même titre que les transports en commun ou les vélos. Stratégies politiques et peurs écologiques exacerbées se heurtent donc à cette réalité simple, au grand dam des usagers. Les ZFE sont vécues comme un symbole d’exclusion et de stigmatisation, davantage qu’un remède véritablement efficace pour l’environnement.

Manifestation à Strasbourg : un cortège puissant, un message clair à destination des décideurs

Ce 27 septembre, le rassemblement départ d’Entzheim illustre la détermination intacte des motards à faire entendre leur voix. Le cortège, conduit par des leaders syndicaux comme Michel Esselin, prévoit de traverser Anchenheim, Wolfisheim, Ober, Mittel et Niederhaudbergen, puis Mundolsheim pour finir sur la M35. Ce trajet vise à maximiser leur visibilité, leurs idées à résonner dans toute l’Eurométropole. Avec une bande-son rugissante de moteurs en colère, leur passage va forcément perturber la circulation – ce qui ne fait pas partie de leurs regrets.

Les tensions pourraient même s’accroître si les associations d’automobilistes les rejoignent. Ces alliances, mises en place spontanément, démontrent que ces revendications dépassent le seul cercle des motards. Une convergence d’usagers excédés par des mesures qu’ils jugent injustes et disproportionnées. Car derrière la virulence affichée, il y a une inquiétude partagée : le contrôle technique et les ZFE symbolisent la compression du droit à la mobilité individuelle face à une régulation de plus en plus étouffante.

Quel sera l’impact réel de cette mobilisation ? Sans doute le dépôt de nouvelles pétitions, la demande de concertations plus ouvertes, et une pression croissante sur les parlementaires qui devront trouver un compromis. Une pression qui s’ajoute à d’autres paroxysmes sociaux en cette année 2025, notamment face à la remise en question du rôle des contrôles techniques dans la sécurité routière, comme expliqué par des experts dans des articles comme ce dossier approfondi. La visibilité médiatique est donc un instrument clé, et cette manifestation promet d’être un coup de semonce puissant.

Pourquoi la colère des motards résonne au-delà du bitume strasbourgeois

Ce défi lancé à Strasbourg n’est pas un épisode isolé. La contestation contre le contrôle technique des deux-roues et les ZFE traverse toute la France, prenant des formes toujours plus nombreuses, puisant dans un malaise profond. Ce qui agace les motards, c’est d’abord l’impression d’être la cible facile d’une politique punitive.

L’expérience montre que le contrôle technique, instauré en avril 2024, n’a rien réglé de fondamental dans la sécurité routière, mais a particulièrement pesé sur le budget des motards. Beaucoup ont rejoint des pétitions comme celle proposée sur cette plateforme pour dire non à ce contrôle perçu comme superflu et confiscatoire.

Quant aux ZFE, elles symbolisent la volonté d’exclure des formes de mobilité considérées comme non conformes à un modèle écologique strict, sans distinction réelle ni prise en compte du comportement individuel. Strasbourg, avec ses ZFE encore en suspens, cristallise cette frustration. Cette opposition dépasse la question technique pour questionner la place que la société veut réellement accorder à ces passionnés de deux-roues.

Dans d’autres villes, des stratégies différentes émergent. Certaines, comme Montpellier ou Nice, distinguent clairement les deux-roues pour leur attribuer un statut plus favorable, reconnaissance pragmatique de leur rôle dans la mobilité urbaine. Le mouvement des motards à Strasbourg pourrait bien devenir le symbole d’une lutte plus large, un combat contre la bureaucratisation et la bureaucratie écologique strictement dogmatique.

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